Dermatologie :
Quel est votre diagnostic ?

Dr Émilie VIDEMONT-DREVON, DMV (CHV Saint-Martin)

 

Une chatte européenne entière âgée de 2 ans est présentée pour une dermatose croûteuse multifocale évoluant depuis 1,5 mois.

La chatte vit exclusivement à l’intérieur en compagnie de 2 autres chats et n’a pas d’antécédent.

Les croûtes sont initialement apparues sur la truffe, le chanfrein et les pavillons auriculaires puis se sont rapidement étendues à l’abdomen et au périnée. Les lésions ne semblent pas prurigineuses. Aucune contagion humaine ou animale n’est rapportée.

L’examen clinique général de la chatte ne révèle pas d’anomalie.

 

Question 1 : décrire les lésions observées

Question 2 : quel est le diagnostic différentiel ?

Question 3 : comment confirmer le diagnostic ?

 

Question 1 : décrire les lésions observées

L’examen dermatologique met en évidence des plages érythémateuses ainsi que des érosions recouvertes par des croûtes épaisses, feuilletées et adhérentes sur la face, les pavillons auriculaires, la région péri- mamelonnaire, le périnée et les faces internes des membres postérieurs. Les lésions sont grossièrement nummulaires et présentent une extension centrifuge, elles ont un aspect serpigineux sur l’abdomen. La truffe est érodée et croûteuse.

 

Question 2 : quel est le diagnostic différentiel ?

L’hypothèse principale face à une atteinte croûteuse non prurigineuse chez un jeune chat est un pemphigus foliacé. Les autres hypothèses envisageables sont une dermatose virale à expression cutanée (coronavirose, moins probablement calicivirose), une dermatose exfoliative idiopathique ou liée à un thymome, une dermatophytose à Microsporum persicolor ou Trichophyton, une pyodermite superficielle et moins probablement – en raison de l’absence de prurit- une ectoparasitose (gale notoédrique).

 

Question 3 : comment confirmer le diagnostic ?

L’examen cytologique d’un calque sous crustacé constitue un élément d’orientation car il met en évidence des kératinocytes acantholysés et des polynucléaires neutrophiles non dégénérés. Aucune bactérie n’est visible.

Le diagnostic de certitude repose sur l’examen histopathologique de biopsies cutanées.

 

Références :

• Chapelin F et coll. Le pemphigus foliacé chez le chat : étude d’un cas et synthèse des données actuelles. Rev Med Vet 2004 ; 155 : 87-91.

• Irwin KE et coll. Use of modified ciclosporin in the management of feline pemphigus foliaceus: a retrospective analysis. Vet Dermatol 2012 ; 23 : 403-e76.

• Olivry T. A review of autoimmune skin diseases in domestic animals: I- superficial pemphigus. Vet Derm 2006; 17: 291-305.

• Peterson A, McKay L. Crusty cats: feline pemphigus foliaceus. Compend Contin Educ Vet 2010 ; 32 :E1-4.

• Preziosi DE et coll. Feline pemphigus foliaceus: a retrospective analysis of 57 cases. Vet Dermatol 2003; 14: 313-321.

• Simpson DL, Burton GG. Use of prednisolone as monotherapy in the treatment of feline pemphigus foliaceus : a retrospective study of 37 cats. Vet Dermatol 2013; 24: 598-601.